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Aux sources de l’orchestre d’harmonie classique, les
œuvres de la Renaissance et de la période baroque.
C’est
durant la période de la Renaissance (16ème siècle)
que les premières œuvres pour instruments à vent
font leur apparition.
Par la suite, des compositeurs tels que Lully ou Haendel ont contribué
à l’émancipation de l’orchestre d’harmonie
baroque où les hautbois et bassons étaient privilégiés.
On peut attribuer à ces derniers des œuvres telles que
les marches militaires pour deux hautbois, taille et basson (Lully)
ou bien encore Musique pour un feu d’artifice (Haendel).
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Haendel
:
Musique pour un feu d'artifice |
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L’orchestre
d’Harmonie classique, reflet d’une tradition militaire.
Dans
le cas précis de la France, l’orchestre d’harmonie
a commencé à exister de manière plus concrète
dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle.
En effet, des sociétés instrumentales ont commencé
à apparaître dès 1764, notamment parmi les
Gardes françaises. Ces dernières devaient se doter
d’un orchestre régimentaire moderne. Outre les habituels
tambours et fifres, l’orchestration comptait 16 instruments
(cuivres et bois). On y retrouvait ainsi une cymbale, une grosse
caisse, trois bassons et un serpent ( ancêtre du tuba),
deux cors, une flûte, et six clarinettes. Dans les années
qui suivirent, l’infanterie de ligne adoptait une forme
d’orchestre similaire.
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Musique
militaire traditionnelle |
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La
Révolution française ou l’apport d’une
dimension patriotique à l’orchestre d’harmonie.
A
partir de la Révolution de 1789, l’orchestre d’harmonie
allait non seulement continuer à revêtir une dimension
militaire, mais allait également accompagner les chœurs
et les voix solistes lors des fêtes civiques. Des compositeurs
comme François-René Gebauer ont également collaboré
au développement de cette musique lors de cette période.
Parmi ses œuvres, on peut citer ses 35 marches militaires.
En outre, dès 1792, ce mouvement musical patriotique s’accroît.
Bernard Sarnette, musicien de la Garde Nationale fonde l’Institut
National de Musique (futur Conservatoire). Cette école vise
à former des musiciens qui seront employés lors des
célébrations nationales (fêtes, grands concerts…).
Durant ces événements, la composition de l’orchestre
était considérable : 18 bassons, deux buccins, 8 serpents,
4 trompettes, 3 trombones, 2 tubas, 2 timbaliers et 2 cymbaliers.
Ultérieurement, les villes privées de cette musique
régimentaire vont peu à peu instaurer leurs propres
sociétés musicales civiles. Lors de cette évolution,
l’instrumentation va se modifier. |
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En effet, sous l’Empire, de nombreux instruments vont faire
leur apparition : deux instruments à percussion, le tambour
de basque et le pavillon chinois, le contrebasson, le bugle et la
trompette… Aussi, si cette innovation instrumentale est rendue
possible, c’est grâce aux efforts fournis par les facteurs
d’instruments de ce début de XIXème siècle.
Parmi ces derniers, on peut citer Thiebert, Dauverne, Perinet et
Sendhas. L’un d’entre eux va jouer un rôle particulièrement
important dans l’avènement de l’orchestre d’harmonie
moderne. Il s’agit d’Adolphe Sax. |
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1845
: La Réforme de Sax, ou l’avènement de l’orchestre
d’harmonie moderne.
Adolphe
Sax est l’inventeur du saxophone et du saxhorn. Ces instruments
feront l’objet d’une grande réforme. Celle-ci
a consisté à imposer par décret l’introduction
de ces derniers dans les orchestres militaires. L’instigateur
de ce décret n’est autre que le Ministre de la Guerre
de Louis-Philippe, le Général de Rumigny. Le premier
à implanter ces nouveaux instruments de manière concrète
dans l’orchestre fut Hector Berlioz. En outre, cette réforme
s’ est diffusée en dehors du territoire français.
En effet, en Russie, et dans les pays scandinaves, les formations
d’harmonie en tenaient compte dans leur orchestration. Même
tendance pour les brass-bands d’Angleterre.
L’orchestre d’
harmonie moderne était né.
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Berlioz
:
Marche funèbre et triomphale |
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| L’orchestre
d’harmonie entre la IIIème République et la
deuxième guerre mondiale.
Durant
cette période, plusieurs phénomènes ont concouru
au développement de l’orchestre d’harmonie.
Tout d’abord, on assiste à une grande expansion des
orphéons. Par orphéon, on désigne ,les sociétés
chorales masculines formées en 1835. En 1880, leur nombre
s’élève à 1500 pour 60000 membres ! La
diffusion de ce mouvement est liée à l’éducation
populaire de l’époque qui préconisait l’intérêt
aux activités artistiques pour socialiser les individus.
Par ailleurs la remilitarisation de la France a également
manifesté une certaine influence vis-à-vis du développement
de cette musique. En effet, peu après la défaite de
Sedan (1871), dans un esprit de revanche par rapport à l’Allemagne,
la France s’investit pleinement dans les affaires militaires.
D’où une augmentation croissante des orchestres d’harmonie
régimentaires. En outre, durant cette période, la
mode est à la musique de plein air et la musique de célébration.
Par conséquent, les formations d’harmonie sont systématiquement
employées.
Enfin, la Loi des Associations de 1901, permet l’émancipation
juridique des sociétés musicales et du mouvement orphéoniste.
En revanche, trois grands courants de formations d’harmonie
vont apparaître à cette époque :
Tout d’abord les orchestres liés aux entreprises, concentrés
dans le Nord Est de la France. Ex : Les Mines, les usines sidérurgiques.
Ensuite, vient s’ajouter le courant musical lié aux
activités cléricales. Les orchestres crées
à cette occasion permettaient d’embrigader la jeunesse
dans le mouvement religieux. Ex : les harmonies baptisées
Ste Cécile.
Enfin, on peut mentionner la tendance des orchestres d’ harmonie
liés au mouvement laïc. Ex : Concorde ; Union ; Liberté…
Toutefois, le véritable d’âge d’or de l’Harmonie
relatif à cette période, se situe concrètement
entre les premières années 1900 et 1936. En effet,
au cours de ces quelques années des grandes manifestations
musicales étaient organisées. De plus l’orchestre
d’Harmonie faisait preuve d’une forte implantation populaire.

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De
1945 à nos jours : la reconstruction
A
partir de 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale, l’activité
des orchestres d’Harmonie s’est considérablement
ralentie. Le coût de la reconstruction du pays ne permet plus
d’investir des fonds dans les activités artistiques.
De surcroît, l’environnement se fait de plus en plus
concurrentiel pour les Harmonies. Avec l’apparition des radios,
des disques et de nouveaux genres de musique, le répertoire
d’Harmonie intéresse moins. D’autant plus que
ce dernier éprouve quelques difficultés à renouveler
son image.
C’est seulement à partir de 1970 que les orchestres
d’Harmonie vont connaître une nouvelle impulsion.
Le développement des écoles de musique va en effet
concourir à la diffusion de la formation musicale amateur.
De plus le répertoire de la musique d’harmonie parvient
à se renouveler tout en se modernisant. Outre le répertoire
classique et la transcription, l’Harmonie s’ouvre en
effet à la musique de jazz, la variété, la
musique contemporaine… De nouveaux compositeurs comme Dondeyne
ou Meij enrichissent également la palette des œuvres
destinées à ce type de formation musicale.
On constate aussi un rajeunissement des effectifs de musiciens.
Ceci dynamise le mouvement « harmonique ». En revanche,
même si la musique d’harmonie parvient petit à
petit remonter la pente, on ne peut crier victoire trop vite ! En
effet le grand public a encore une image trop négative de
l’orchestre d’Harmonie : "musique de mauvaise qualité,
musique militaire…" De plus, la population française
se reconnaît moins dans ce genre de musique.
Toutefois, il faut relativiser ce bilan. La création d’orchestres
amateur de très haut niveau, au fort rayonnement, souvent
installés dans des grandes villes (Nevers, Nantes, Troyes,
Strasbourg, Grenoble, Lyon…) draine un très large public.
La reconnaissance par l’Etat (création d’un diplôme
professionnel de chef d’orchestre d’harmonie) et l’implantation
croissante de l’harmonie dans les conservatoires sont également
des signes forts d’une volonté de développement.
En outre, si cette musique a des progrès à faire en
France, il est en est tout à fait autrement à l’étranger.
Les formations d’harmonie connaissent en effet un fort succès
aux Etats Unis et dans les pays d’Asie du Sud-Est comme la
Corée ou le Japon. Il en va de même chez nos voisins
allemands, hollandais, suisses, scandinaves ou de l’Europe
de l’Est.

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